Résolution générale : utilisation des LLM dans Debian
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- Données et statistiques
- Majorités requises
Calendrier
| Période de discussion : | 23 juillet 2026 | 13 août 2026 |
|---|---|---|
| Période de vote : | samedi 15 août 2026 00:00:00 UTC | vendredi 28 août 2026 23:59:59 UTC |
La période de discussion a été prolongée [message]
Déposant de la proposition A
Matthias Geiger [[email protected]] [texte de la proposition]
Parrains de la proposition A
- Johannes Schauer Marin Rodrigues [[email protected]] [message]
- Antoine Le Gonidec [[email protected]] [message]
- Simon Richter [[email protected]] [message]
- David Bremner [[email protected]] [message]
- Pierre-Elliott Bécue [[email protected]] [message]
- Ian Jackson [[email protected]] [message]
- Amin Bandali [[email protected]] [message]
- Thorsten Glaser [[email protected]] [message]
Proposition A
Choix 1 : Pas de contribution des LLM à Debian inscrit dans le Contrat social
Préambule
Cette proposition vise à interdire explicitement toute contribution à Debian écrite en utilisant ou en se faisant aider de grands modèles de langage (LLM) ou d'autres outils d'IA générative.
Sont concernés par cette résolution (liste non exhaustive) :
- Les paquets sources de Debian
- Les projets logiciels officiels de Debian tels que lintian
- Les ressources Web de Debian
- La documentation et la traduction ajoutées par des contributeurs de Debian
- La communication officielle de Debian
Elle ne concerne pas :
- Les projets amont qui utilisent des LLM pour leur développement
- Les logiciels liés à l'IA
- Les correctifs en amont ou de sécurité, etc.
Motivation
Debian a une réputation de stabilité bien méritée. Cette stabilité est cruciale pour le positionnement de Debian dans l'écosystème du logiciel libre. Nous croyons que l'utilisation à grande échelle des LLM provient d'une attitude « aller vite, tout casser », attitude qui, bien que classique dans bien des secteurs de ce métier, est contraire à ce qui fait que Debian est Debian, et est inadaptée pour les contributeurs Debian.
En termes pratiques, l'utilisation d'un LLM conduit aux problèmes suivants :
1. Droit d'auteur
Le résultat d'un LLM est d'un statut juridique très flou : il est possible de protéger par un droit d'auteur un travail qui est le sien, ou pas ; ce résultat peut être le fruit de données d'entraînement concernées par des licences ou des droits d'auteur, ou pas. La politique de Debian et les DFSG exigent une clarté absolue pour la licence et le droit d'auteur [1][2]. Les logiciels et les autres contributions écrites de manière conventionnelle par des humains et dont l'état du droit d'auteur ou de la licence est flou, ne sont pas autorisés dans Debian ; le résultat d'un LLM ne doit pas bénéficier d'exception particulière à ce sujet.
2. Qualité
Le résultat d'un LLM connaît des problèmes de précision bien connus [3][4][5]. Un LLM ne peut jamais « savoir » si son résultat est correct puisqu'il produit seulement des combinaisons syntaxiquement probables de ses données d'entraînement. Dans certains environnements, il est suffisamment assez bon. Dans Debian il ne l’est pas. Par exemple, pour l'empaquetage, chaque paquet source de Debian est unique. Comme la syntaxe de l'empaquetage et les bonnes pratiques ont changé avec le temps, un paquet produit avec un LLM mélangera du contenu issu de toute l'histoire de l'archive avec des fichiers watch qui ne marcheront pas, des fichiers overrides hors contexte, un droit d'auteur imaginaire et il ne conviendra généralement pas pour un dépôt. Un contributeur Debian expérimenté dans l'empaquetage y trouvera un intérêt limité, tandis qu'un nouveau contributeur ne pourra pas et ne saura pas corriger cela. Ces problèmes de qualité et de soin s'appliquent clairement à tous les domaines listés dans la cible de cette proposition ci-dessus. Si Debian était une structure fermée avec uniquement des experts dans leur domaine qui ne la quittent jamais, cela pourrait ne pas être un problème ; cependant,
3. Communauté
Debian est un projet qui est plus que du code : il est construit par une communauté qui partage des centres d'intérêt dans le logiciel libre et dans la résolution de problèmes techniques. Debian fait croître volontairement cette communauté par de nombreux moyens et les nouveaux contributeurs sont toujours encouragés à la rejoindre. Autoriser des contributions par des LLM casse cela. Les nouveaux contributeurs qui demandent une relecture du résultat d'un LLM surchargent inutilement le relecteur, ce qui peut conduire à un burn-out. De plus, les nouveaux contributeurs dépendant d'un LLM n'apprennent pas et ne comprennent pas les détails de l'empaquetage ou des processus de Debian, ils ne peuvent donc pas remplacer un ancien développeur Debian en burn-out.
4. Éthique
Les sociétés de LLM frappent directement la communauté du logiciel libre toute entière, en pompant sur tout le web leurs données d'entraînement sans la moindre considération de licence, de droit d'auteur, et sans la moindre convention établie comme c'est le cas de robots.txt [6]. Cela a eu un impact très négatif sur les ressources web publiques de Debian, créant une attaque à grande échelle et perpétuelle de déni de service sur les sites sur lesquels s'appuient de nombreux utilisateurs. Par conséquent, des morceaux de notre infrastructure n'étaient plus joignables et des vérifications basées sur du JavaSript ont dû être activées. Beaucoup d'autres projets ont été impactés de la même façon. En outre, l'entraînement d'un LLM consomme une quantité de ressources effrayante [7] et les systèmes de vérification de l'utilisateur que nous avons été obligés de déployer pour nous protéger gaspillent des ressources également. C'est un mépris flagrant de la ressource publique qu'est Internet, cela fait perdre du temps aux administrateurs système et bien que les sessions individuelles d'un LLM n'utilisent pas directement des ressources massives ou ne créent pas de déni de service sur le Web public, le simple fait qu'elles puissent être utilisées est le résultat direct ces comportements non éthiques des sociétés de LLM.
Debian a un contrat social [8]. Nos priorités, ce sont nos utilisateurs et le logiciel libre. Debian est Stable [9]. Les utilisateurs et les organisations choisissent Debian parce qu'elle est fiable et sûre.
Debian n'est pas là pour générer autant de code que possible, exigeant une relecture manuelle par un nombre décroissant de volontaires ni pour empaqueter tous les logiciels ou courir après de nouvelles fonctionnalités, or c'est la raison pour laquelle les LLM sont utilisés.
En conclusion, autoriser les contributions par LLM est contraire au contrat social et à la cause commune consistant à créer un système d'exploitation libre focalisé sur la qualité et la stabilité.
Proposition
Dans le souci de ne pas éroder la réputation de Debian ou de ne pas abîmer davantage sa communauté, L'inclusion dans Debian des contributions assistées par un LLM doivent être interdites.
Bien que notre position est que les contributions avec un LLM sont contraires aux documents ratifiés par Debian, afin de lever tout doute, nous proposons l'ajout suivant au contrat social :
6. Travaux créés à l'aide de Grands Modèle de Langage (LLM) Nous n'autorisons pas les contributions directes à Debian écrites ou assistées par de Grands Modèles de Langage (LLM) ou d'autres outils d'IA générative. Les contributions directes sont définies comme étant l'empaquetage, les logiciels natifs de Debian comme lintian, la documentation et les traductions écrites par des contributeurs Debian et les ressources en ligne officielles de Debian, etc. Les autres catégories, telles que les projets amont écrits à l'aide d'un LLM, pourront être incluses ultérieurement. Cela garantit que Debian reste un système d'exploitation stable, de confiance et fiable et cela protège les intérêts des volontaires de Debian qui rendent cela possible.
Problèmes possibles
D'autres projets qui ont envisagé des décisions similaires ont obtenu une réponse classique : « Comment allez-vous appliquer l'interdiction des contributions par LLM ? » Si son application est un défi, il s'agit là d'une déclaration d'intention par la communauté Debian et nous faisons confiance à cette communauté pour y adhérer de bonne foi.
Références
[1]
https://www.debian.org/doc/debian-policy/ch-archive.html#copyright-considerations
[2]
https://www.debian.org/social_contract#guidelines
[3]
https://web.archive.org/web/20240614004123/https://news.northeastern.edu/2023/11/10/ai-chatbot-hallucinations/
[4]
https://web.archive.org/web/20250328154700/https://transformer-circuits.pub/2025/attribution-graphs/biology.html#dives-cot
[5]
https://www.marketwatch.com/story/openais-sam-altman-tells-salesforces-marc-benioff-that-ai-hallucinations-are-more-feature-than-bug-1c035c52
[6]
https://lwn.net/Articles/1008897/
[7]
https://tech-insider.org/ai-data-center-power-crisis-2026/
[8]
https://www.debian.org/social_contract
[9]
https://www.debian.org/doc/manuals/debian-reference/pr01.fr.html#_what_is_debian
Avertissement
- Les références ne sont que des éléments de contexte et ne reflètent pas une approbation des sites Web spécifiques.
- Certaines idées et certaines formulations proviennent des sources ci-dessous.
Sources
Discussion GNOME :
https://discourse.gnome.org/t/loupe-no-longer-allows-generative-ai-contributions/27327
(CC0) Politique d'AI de Gentoo :
https://wiki.gentoo.org/wiki/Project:Council/AI_policy
Politique d'AI de Codeberg :
https://codeberg.org/Codeberg/org/pulls/1253#issuecomment-19820434
Ce document a été écrit par Matthias Geiger (werdahias) et Jesse Rhodes (sney) avec des contributions de Sledge et josch, par des humains et sans l'aide d'un modèle de langage.
Déposant de la proposition B
Lucas Nussbaum [[email protected]] [texte de la proposition] [texte de l'amendement] [texte de l'amendement]
Parrains de la proposition B
- Andrey Rahmatullin [[email protected]] [message]
- Christian Kastner [[email protected]] [message]
- Anton Gladky [[email protected]] [message]
- Stefano Zacchiroli [[email protected]] [message]
- Simon Quigley [[email protected]] [message]
- Soren Stoutner [[email protected]] [message]
- Julian Andres Klode [[email protected]] [message]
- Andreas Tille [[email protected]] [message]
- Philipp Kern [email protected]] [message]
Proposition B
Choix 2 : Autoriser les contributions assistées par IA sous conditions
En application des pouvoirs conférés par la section 4.1 de la Constitution (5), le projet déclare ce qui suit, décrivant sa position actuelle sur les contributions assistées par IA. Cette déclaration décrit la position du projet au moment où elle a été adoptée. Cette position peut évoluer dans le temps sans besoin de futures résolutions générales. Le processus des Résolutions Générales reste disponible si le projet a besoin d'une décision et ne peut pas aboutir à un consensus.
Le projet Debian reconnaît que les contributions assistées par IA soulèvent de nombreuses inquiétudes par exemple sur la qualité technique et la maintenabilité de telles contributions, ainsi que leur statut juridique. L'IA elle-même suscite des inquiétudes supplémentaires sur son impact sur toute la société, l'industrie des technologies de l’information et le logiciel libre, mais aussi sur son impact environnemental et sur les pratiques agressives ou non conformes des extracteurs des IA.
Néanmoins, de nombreux contributeurs Debian trouvent que les outils d'IA les aident à contribuer à Debian, et en fin de compte, à améliorer Debian.
Étant donné les avantages et les risques de l'assistance d'une IA et vu les controverses au sein de la communauté, le projet Debian trouve nécessaire de clarifier sa position sur les contributions assistées par IA et d'établir des lignes directrices claires.
Le projet Debian autorise les contributions assistées par IA (partiellement ou entièrement générées par un LLM), pourvu que les conditions suivantes soient remplies :
- Compatibilité juridique de l'outil : Les contributeurs doivent s'assurer que les termes et conditions de l'outil d'IA générative n'imposent pas de restrictions contractuelles en conflit avec la distribution, la modification ou l'utilisation de leur résultat dans le contexte de Debian.
- Licence et Attribution : Si le résultat d'un outil d'IA comprend un élément ayant un droit d'auteur pré-existant (y compris du code sous licence libre) créé ou appartenant à un tiers, avant de l'utiliser pour une contribution pour le projet, le contributeur doit vérifier qu'il a le droit de le soumettre sous la licence ouverte concernée.
- Responsabilité : Les contributeurs assument l'entière responsabilité de leurs contributions et se portent garants de leur valeur technique, de leur sécurité, de la conformité de leur licence et de l'utilité de leur proposition. Le contributeur reste seul responsable de l'entièreté de sa contribution. Les contributeurs doivent comprendre complètement les changements qu'ils proposent et être prêts à les justifier.
- Transparence : Quand une partie significative d'une contribution est générée ou substantiellement assistée par un outil, les contributeurs doivent dire qu'ils utilisent l'outil afin que cela soit clairement visible pour tout le public cible. Cela couvre toutes les formes de contribution, y compris le code, les messages sur une liste de discussion et les discussions sur les bogues. La forme de cette déclaration est laissée au soin du contributeur : une des possibilités commodes lors d'un commit est une entrée Git telle que Generated-By: ou Assisted-By:.
- Discuter préalablement les modifications de masse ou automatisées : Comme pour le processus d'envoi massif de rapports de bogue (Référence du développeur, section 7.1.1), les contributeurs doivent discuter leur intention avant de soumettre des contributions massives ou générées de façon autonome. Un tel processus automatisé doit être supervisé par un humain qui reste responsable de son comportement et du résultat.
- Confidentialité et vie privée : Les contributeurs ne doivent pas utiliser des outils d'IA générative qui transmettent des données à des fournisseurs non fiables si ce sont des informations du projet non publiques ou sensibles (comme des rapports de sécurité sous embargo ou des communications privées), car cela peut conduire à une diffusion non souhaitée de données confidentielles.
Déposant de la proposition C
Ian Jackson [[email protected]] [texte de la proposition]
[texte de l'amendement]Parrains de la proposition C
- Matthias Geiger [[email protected]] [message]
- Andrea Pappacoda [[email protected]] [message]
- Simon Richter [[email protected]] [message]
- Antoine Le Gonidec [[email protected]] [message]
- Amin Bandali [[email protected]] [message]
- Bill Blough [[email protected]] [message]
- Enrico Zini [[email protected]] [message]
- Sean Whitton [[email protected]] [message]
- Tiago Bortoletto Vaz [[email protected]] [message]
Proposition C
Choix 3 :Rejeter les LLM autant que possible, mettre à jour le Code de conduite
Résumé : Rejeter les LLM (« IA » génératives) autant que possible
CONTEXTE
Les LLM présentent beaucoup de problèmes graves. Ils sapent les mécanismes de construction des communautés du logiciel libre, ils dégradent l'environnement, ils exploitent les auteurs, ils ruinent l'hébergement Web ouvert par de l'extraction agressive, ils génèrent et propagent des bêtises, ils polluent le patrimoine informationnel, ils présentent des risques pour la santé mentale des utilisateurs, ils créent des bulles économiques et une distorsion du marché du matériel informatique, de la fraude, ils appartiennent à des gens et des sociétés horribles, et ainsi de suite. L'utilisation éthique et sûre de cette technologie est presque impossible.
Idéalement, le résultat d'un LLM ne devrait pas figurer dans un logiciel auquel on se fie ni prendre la place d'un texte écrit par un humain.
Malheureusement, une partie du vaste monde du logiciel, y compris beaucoup de nos projets amont, ont un point de vue différent. Par conséquent, une interdiction totale du résultat d'un LLM dans Debian n'est pas applicable actuellement.
DEMANDES
1. Nous demandons que tous les contributeurs à Debian évitent d'utiliser les LLM dans leur travail pour Debian.
2. Nous demandons que tous les décisionnaires de Debian découragent l'utilisation d'un LLM autant que possible. La possibilité de le faire est affaire de jugement et nous reconnaissons que cela impliquera des compromis difficiles.
3. Nous demandons que chacune et chacun, même en dehors de Debian, s'abstienne d'utiliser cette technologie. En particulier, les communautés du logiciel libre et du code ouvert devraient rejeter les LLM. Nous reconnaissons que tout le monde n'entendra pas cet appel.
EXIGENCES (AJOUT AU CODES DE CONDUITE)
4. Dans Debian, les messages destinés à des humains (notamment, par exemple, les rapports de bogue, les messages sur les listes de discussion, les discussions dans Salsa et les articles de blog sur Planet Debian) doivent être rédigés par des humains sans l'aide d'un LLM.
5. Les modérateurs et les équipe disciplinaires peuvent établir des exceptions restreintes et adaptées à la règle numéro 4 et décider de son interprétation.
6. Toute utilisation d'un LLM pour travailler sur Debian doit être dévoilée.
7. Les projets individuels et les responsables peuvent interdire complètement les contributions par des LLM. De telles interdictions (y compris celles émanant de projets amont) doivent être respectées.
8. Les violations de ces exigences doivent être traitées comme des violations du Code de Conduite et aboutir à des sanctions et des actions disciplinaires proportionnées.
Déposant de la proposition D
Pierre-Elliott Bécue [[email protected]] [texte de la proposition] [texte d'une modification mineur]
Parrains de la proposition D
- Russ Allbery [[email protected]] [message]
- Johannes Schauer Marin Rodrigues [[email protected]] [message]
- Jonathan Carter [[email protected]] [message]
- Gunnar Wolf [[email protected]] [message]
- Tiago Bortoletto Vaz [[email protected]] [message]
- Jeremy Sowden [[email protected]] [message]
- Holger Levsen [[email protected]] [message]
Proposition D
Choix 4 : Accepter les contributions par IA pour du travail spécifique dans Debian
Debian, en tant que projet, n'adopte pas et ne recommande pas d'utiliser des assistants d'IA générative pour le développement logiciel, car ils soulèvent plusieurs problèmes d'éthique, de légalité, de droits d'auteur, etc.
Cependant, Debian reconnaît que ces pratiques sont déjà courantes et sont amenées à se pérenniser. Plutôt que d'interdire leur utilisation, ce qui paraît contre-productif et non faisable, le projet choisit de rendre responsable les contributeurs et donc, il définit les lignes directrices suivantes.
Elles s'appliquent exclusivement au code et au travail spécifiques au projet Debian (le site Web de Debian, les applications, les ressources, les paquets, etc.). Elles ne s'appliquent pas au travail en amont. Dans ce qui suit, « travail » renvoie aux contributions spécifiques au projet Debian.
- Tout code et tout travail assisté par une IA générative, un agent IA ou un outil d'IA doit respecter les DFSG.
- Le soumissionnaire est seul responsable du travail qu'il soumet, et :
- il doit évaluer suffisamment et comprendre correctement le travail qu'il souhaite soumettre et il doit pouvoir l'expliquer et le défendre ;
- il doit placer lui-même toute étiquette Signed-off-by possible et sa signature OpenPGP sur les contributions qu'il envoie à l'infrastructure de Debian (un paquet, un commit, un message…) ;
- il doit soumettre lui-même explicitement tout contenu déposé en production sur l'infrastructure Debian (branche main de git, dépôt de paquet).
- Tout travail assisté par un agent ou un outil d'IA générative doit être indiqué comme tel à l'endroit adéquat (message de commit, historique des changements…). Certains outils génératifs légers tels que l'autocomplétion par tabulation dans Copilot, peuvent être utilisés sans que le contributeur ne se rende compte qu'il s'appuie sur des modèles d'IA générative ; nous faisons donc confiance aux soumissionnaires pour indiquer quand cette règle est appliquée. En cas de doute, il faut ajouter un tel marquage ;
- Aucune IA dans le nuage ne sera utilisée quand les données transmises pourraient être sensibles pour le projet (données personnelles, informations sous embargo…) ou non publiques (discussions sur debian-private, …).
Déposant de la proposition E
Marc Haber [[email protected]] [texte de la proposition]
Parrains de la proposition E
- Soren Stoutner [[email protected]] [message]
- Christian Kastner [[email protected]] [message]
- Timo Röhling [[email protected]] [message]
- Clint Adams [[email protected]] [message]
- Matthias Urlichs [[email protected]] [message]
- Tobias Frost [[email protected]] [message]
- Anuradha Weeraman [[email protected]] [message]
- Lucas Nussbaum [[email protected]] [message]
- Bdale Garbee [[email protected]] [message]
- Helge Deller [[email protected]] [message]
- Hanno Wagner [[email protected]] [message]
Proposition E
Choix 5 : Usage responsable de l'IA générative
Sur la base de son pouvoir conféré par la section 4.1 (5) de la Constitution, le projet fait la déclaration suivante, décrivant sa position actuelle sur le contributions assistées par une IA générative. Cette déclaration décrit la position du projet au moment où elle est adoptée. Cette position peut évoluer dans le temps sans besoin de recourir à de futures résolutions générales. Le processus de résolution générale reste disponible si le projet a besoin d'une décision et ne parvient pas à un consensus.
Debian n'encourage pas ni n'interdit l'utilisation d'outils d'IA générative dans le développement, la maintenance ou la documentation des logiciels, l'empaquetage, la documentation et les autres médias publiés dans le projet Debian. Nous reconnaissons que de tels outils peuvent améliorer substantiellement la productivité des contributeurs s'ils sont utilisés de manière responsable ce qui permet aux volontaires de passer davantage de leur temps limité à du travail exigeant une expertise technique, du jugement, des relectures et de la collaboration.
Le projet Debian espère toutefois que toutes les contributions soumises à Debian, quelle que soit la manière et les outils avec lesquels elle a été faite, respectent les mêmes standards de qualité, de justesse, de maintenabilité et de conformité à la loi. L'utilisation d'un outil d'IA générative n'atténue en rien la responsabilité du contributeur pour le travail qu'il fournit. Les contributeurs doivent comprendre, relire, tester et, si nécessaire, modifier le résultat assisté par IA avant de l'incorporer dans Debian. Accepter ou verser aveuglément un élément généré par l'IA sans relecture humaine appropriée est en contradiction avec les bonnes pratiques de développement de Debian. Nous encourageons nos contributeurs à déclarer si une contribution a été faite avec l'aide d'une IA, mais nous n'exigeons pas qu'ils le fassent.
Debian a conscience que le statut juridique de ce que les systèmes d'IA générative produisent reste un sujet de discussion en cours dans de nombreuses juridictions, notamment s'agissant des questions concernant le droit d'auteur, la propriété intellectuelle, la licence et la contrefaçon potentielle des données d'entraînement. Le Projet ne prétend pas trancher ces questions juridiques non résolues dans cette résolution générale, ni adopter une position sur le fait de connaître le statut de tout ou partie du contenu généré par l'IA, sur le fait de savoir s'il peut être soumis au droit d'auteur ou dérivé de travaux soumis au droit d'auteur.
Debian continue plutôt de compter sur le jugement et la responsabilité de ses contributeurs individuels. Les membres du projet devraient prendre les précautions nécessaires lorsqu'ils utilisent des outils d'IA générative, en tenant compte de leurs implications sur l'origine et la licence de leur contribution, afin d'éviter l'introduction de contenu dont ils ne peuvent justifier raisonnablement le statut juridique. Les règles de Debian existantes qui président aux licences, au droit d'auteur, à la liberté du logiciel et à l'acceptation des contributions continuent de s'appliquer quels que soient les outils utilisés pour les produire.
Nous souhaitons que les contributeurs prennent les précautions adéquates lorsqu'ils conçoivent et implémentent des flux qui intègrent des outils d'IA générative. En particulier, ils devront s'assurer que les informations confidentielles, les communications privées, les informations de sécurité sensibles (telles que des informations sur des bogues de sécurité sous embargo et on encore publiques) les clés de chiffrements, les autorisations et les autres éléments non publics concernant le projet Debian, son infrastructure ou sa communauté, ne seront pas divulguées à des services d'IA tiers sauf si une telle divulgation a été explicitement autorisée et s'avère cohérente avec les exigences de sécurité et de protection de la vie privée de Debian.
L'utilisation de l'IA générative ne modifie pas les attentes de Debian quant aux projets d'actions à grande échelle ou automatisées. Les Contributeurs qui entendent effectuer des actions impactant tout le projet comme la soumission massive de bogues ou la soumission massive de correctifs, des modifications de code à grande échelle ou d'autres changements ou requêtes automatisés concernant de nombreux paquets ou de nombreux contributeurs, doivent d'abord lancer une discussion et rechercher un consensus à l'aide des canaux du projet avant d'agir. De tels projets automatisés doit être validés par un humain qui demeure responsable de son comportement et du résultat.
Cette résolution affirme donc que l'IA générative n'est ni exempte, ni soumise à des règles spéciales au-delà de celles standards déjà prévus pour les contributeurs Debian. La responsabilité de chaque contribution reste celle du contributeur qui la soumet, qui reste responsable de sa qualité technique, son acceptabilité juridique et son adéquation à l'inclusion dans Debian.
Déposant de la proposition F
Tobias Frost [[email protected]] [texte de la proposition]
Parrains de la proposition F
- Timo Röhling [[email protected]] [message]
- Russ Allbery [[email protected]] [message]
- Étienne Mollier [[email protected]] [message]
- Lucas Nussbaum [[email protected]] [message]
- Gunnar Wolf [[email protected]] [message]
- Jonathan Carter [[email protected]] [message]
Proposition F
Choix 6 : Une approche prudente de l'IA générative
Sur la base de son pouvoir conféré par la section 4.1 (5) de la Constitution, le projet fait la déclaration suivante, décrivant sa position actuelle sur l'utilisation de l'IA générative dans Debian.
Debian reconnaît que l'IA générative soulève d'importantes questions éthiques, juridiques, techniques et sociales. Elles incluent celles du droit d'auteur et de la licence, de protection de la vie privée, de l'origine et de la qualité des éléments générés, la santé des communautés du logiciel libre et les conséquences à long terme d’une dépendance généralisée aux contenus générés par IA.
Dès lors, Debian encourage ses contributeurs à éviter d'utiliser l'IA générative lorsque c'est possible et à préférer les créations humaines, la collaboration et la compréhension technique, aux résultats générés par une IA.
En même temps, Debian s'appuie depuis longtemps sur le jugement et la responsabilité de ses contributeurs plutôt que d'imposer des méthodes de travail individuelles. Les contributeurs demeurent responsables de tout ce qu'ils proposent, quels que soient les outils utilisés pour préparer une contribution. Les standards existants dans Debian relatifs à la qualité, la justesse, la licence et la conformité juridique, continuent de s'appliquer.
Les contributeurs qui utilisent des services d'IA générative externes doivent attacher un soin particulier pour ne pas divulguer des informations confidentielles, des informations de sécurité sous embargo, des autorisations, des clés de chiffrement, des communications privées, des données personnelles ou d'autres informations non publiques sur Debian.
Rien dans cette résolution ne doit être compris comme exigeant une utilisation par les contributeurs d'une IA générative, ni interdisant aux contributeurs ou aux responsables de choisir de ne pas utiliser ou ne pas accepter les contributions assistées par une IA. Les processus de collaboration de Debian existants restent les bons moyens pour résoudre de telles différences tout en permettant au projet de continuer à progresser.
Si la transparence n'est pas exigée, les contributeurs sont encouragés à mentionner spontanément l'utilisation de l'IA générative lorsque cela est adapté, pour permettre aux autres qui préfèrent ne pas interagir avec des contenus assistés par IA de faire des choix éclairés.
Une telle transparence doit être vue comme de la courtoisie envers les collègues contributeurs et non comme l'idée que les contributions assistées par l'IA sont soumises à des standards techniques ou procéduraux différents.
Le projet Debian a toujours reconnu l'engagement et le professionnalisme de ses membres. Toutes les contributions sont sous la responsabilité du contributeur à Debian qui la fait, peu importe la technologie qui se trouve derrière. Nous faisons confiance à tous les développeurs Debian, les responsables et les contributeurs, pour continuer à maintenir les valeurs de haut niveau de qualité qui font la spécificité de notre projet depuis ses débuts.
Déposant de la proposition G
Gard Spreemann [[email protected]] [texte de la proposition]
Parrains de la proposition G
- Holger Levsen [[email protected]] [message]
- Enrico Zini [[email protected]] [message]
- Russ Allbery [[email protected]] [message]
- Tiago Bortoletto Vaz [[email protected]] [message]
- Serafeim Zanikolas [[email protected]] [message]
- Antoine Le Gonidec [[email protected]] [message]
- Johannes Schauer Marin Rodrigues [[email protected]] [message]
- Steve McIntyre [[email protected]] [message]
- Sean Whitton [[email protected]] [message]
Proposition G
Choix 7 : Debian est crée par des humains
Préambule
Cette proposition vise à garantir que les contributions apportées directement à Debian sont créées par des humains, tout en évitant de restreindre les outils que ces humains peuvent choisir d'utiliser lors de leurs contributions.
Cette proposition porte sur les contributions directes à Debian, y compris, mais sans que se soit limitatif :
- L'empaquetage Debian
- Les soumissions (messages, rapports de bogues, correctifs, etc.) au système de suivi des bogues (BTS), à Salsa, aux listes de diffusion et autres plateformes de Debian
- Les logiciels du projet Debian
- L'infrastructure Debian
- Les ressources web de Debian
- La documentation et les traductions ajoutées dans le cadre des contributions à Debian
- La communication officielle de Debian
Cette proposition ne vise pas les contributions indirectes, c'est-à-dire celles issues des travaux amont.
L'intelligence artificielle générative est caractérisée par la production de résultats d'une nature telle qu'ils pourraient normalement être produits et consommés par des humains. Cette proposition cherche à limiter l'introduction de ces résultats eux-mêmes dans Debian (sauf peut-être indirectement, à partir de l'amont). Elle ne cherche pas à limiter la consommation par les contributeurs Debian de tels résultats dans le cadre de leur contribution à Debian.
Raison
Debian jouit d'une réputation de stabilité bien méritée. Cette stabilité est cruciale pour sa position dans l'écosystème du logiciel libre. Notre opinion est qu'une part significative de cette stabilité découle de la compréhension mutuelle, de la confiance et du respect que les contributeurs Debian portent au travail et au temps précieux de chacun. L'intelligence artificielle générative a tendance être accompagnée de problèmes pratiques, juridiques, éthique ou écologiques qui méritent l'attention ou du travail supplémentaire qui souvent doivent être assumées par d'autres que ceux qui manient l'intelligence artificielle. Nous sommes sûr que cette asymétrie entre les contributeurs qui tirent parti de l'intelligence artificielle générative pour produire des contenus et les humains qui assument l'attention et le travail supplémentaires éroderont la compréhension mutuelle, la confiance et le respect au sein du projet.
Même si Debian a une longue tradition de règles strictes sur ce qui est admis dans la distribution, le projet n'impose pas habituellement les outils que les gens utilisent lorsqu'ils contribuent au projet. Conformément à ce principe, cette proposition n'affecte pas l'utilisation de l'intelligence artificielle générative comme outil d'assistance pour explorer, chercher, analyser, critiquer, etc., lors des contributions. Les responsabilités qui accompagnent l'utilisation des résultats de l'intelligence artificielle dans ce type de rôle ne sont pas transférées à l'ensemble du projet de la même façon problématique que lorsque ces résultats eux-mêmes constituent la contribution.
Proposition
Afin de préserver la compréhension mutuelle, la confiance et le respect au sein du projet, nous interdisons l'utilisation de résultats générés par l'IA comme contributions directes à Debian.
Il est rappelé à ceux qui utilisent de tels outils comme assistance dans leur travail, qu'ils doivent garantir que les contributions résultantes sont conformes aux DFSG et au Contrat social en général.
En résumé, ce sont des humains qui créent Debian.
Remerciements
Cette proposition est inspirée de la Politique concernant l'IA de GCC [1] et la Politique d'utilisation de LLM du langage Rust [2]. Sa formulation est influencée par une autre option de vote [3].
[1] https://gcc.gnu.org/ai-policy.html
[2] https://forge.rust-lang.org/policies/llm-usage.html
[3] https://www.debian.org/vote/2026/vote_002#texta
Déposant de la proposition H
Holger Levsen [[email protected]] [texte de la proposition] [texte des corrections]
Parrains de la proposition H
- Simon Richter [[email protected]] [message]
- Matthew Vernon [[email protected]] [message]
- Steve McIntyre [[email protected]] [message]
- Enrico Zini [[email protected]] [message]
- Antoine Le Gonidec [[email protected]] [message]
- Jonathan Carter [[email protected]] [message]
- Matthias Geiger [[email protected]] [message]
- Sruthi Chandran [[email protected]] [message]
- Santiago Ruano Rincón [[email protected]] [message]
- Mattia Rizzolo [[email protected]] [message]
- Vagrant Cascadian [[email protected]] [message]
- Bas Wijnen [[email protected]] [message]
- Michael Prokop [[email protected]] [message]
- Guilhem Moulin [[email protected]] [message]
- Ian Jackson [[email protected]] [message]
- Andreas Tille [[email protected]] [message]
- Didier Raboud [[email protected]] [message]
Proposition H
Choix 8: Éviter l'utilisation des LLM : le bouleversement du climat est rédhibitoire
L'utilisation de grands modèles de langage (LLM) accélère la destruction de notre écosystème (la planète terre) et c'est rédhibitoire
Sur la base de son pouvoir conféré par la section 4.1 (5) de la Constitution, le projet fait la déclaration suivante, décrivant sa position actuelle sur l'utilisation des LLM (grands modèles de langage) dans Debian.
Nous n'avons pas de réticence envers la _technologie_ des LLM en tant que telle il ne s'agit que de mathématique et de suffisamment de données d’entraînement qui produisent un très grand ensemble de chiffres qui peuvent être utilisés pour inférer de nouvelles données à partir des données existantes. Mais il n'est pas possible de parler de la technologie des LLM sans parler des personnes qui poussent à son utilisation, de celles qui effectuent l'entraînement et comment il est réalisé, et des effets que cela a sur nos ressources limitées et quelles sont les motivations économiques et politiques de cette technologie.
Surtout, nous ne comprenons pas comment quelqu'un peut admettre qu'un usage planétaire des LLM accélère la destruction de notre écosystème, la planète Terre, et peut ne pas penser que c'est rédhibitoire.
Trop souvent la seule réponse que nous avons eue à ce problème est que d'autres activités sont aussi mauvaises (voire pires pour certaines) pour le climat. Comment cela peut-il être un argument ? La planète brûle, nous devons mettre fin à cela autant et aussi vite que nous le pouvons ! Si les autres ne veulent pas s'arrêter, n'est-ce pas une raison supplémentaire pour compenser leurs actions irresponsables ?
Et tant qu'on aborde ce point : tous nos utilisateurs vivent sur cette planète, aussi protéger la planète est une question de vie et de mort pour nous tous. En autres termes, se préoccuper d'un problème aussi important que le changement climatique dans notre travail pour Debian va de soi.
Debian reconnaît que les LLM soulèvent *aussi* des problèmes éthiques, juridiques, techniques et sociaux. Cela comprend des questions relatives au droit d'auteur et aux licences, à la protection de la vie privée, à l'origine et à la qualité des résultats générés, à la santé des communautés du logiciel libre, et aux conséquences à long terme d'une dépendance généralisée au contenu généré par les LLM.
Cela dit, nous voulons insister sur le fait que nous condamnons pas l'utilisation des LLM (comme ressource), mais pas les utilisateurs des LLM. Luttons contre le jeu, pas contre les joueurs.
Nous reconnaissons aussi que l'utilisation des LLM peut être difficile voire impossible à détecter et que Debian est une distribution qui ne peut pas réellement imposer des politiques concernant les LLM aux autres projets que nous empaquetons et distribuons. Par conséquent, ce texte est seulement une déclaration de notre position. Cela dit néanmoins, nous apprécions la divulgation de l'utilisation des LLM.
Dès lors, Debian encourage ses contributeurs à éviter d'utiliser les LLM lorsque c'est possible et à préférer les créations humaines, la collaboration et la compréhension technique aux résultats générés par des LLM.
En même temps, Debian s'appuie depuis longtemps sur le jugement et la responsabilité de ses contributeurs plutôt que d'imposer des méthodes de travail individuelles. Les contributeurs demeurent responsables de tout ce qu'ils proposent, quels que soient les outils utilisés pour préparer une contribution. Les standards existants dans Debian relatifs à la qualité, la justesse, la licence et la conformité juridique, continuent de s'appliquer.
Le projet Debian a toujours reconnu l'engagement et le professionnalisme de ses membres. Toutes les contributions sont sous la responsabilité du contributeur à Debian qui la fait, peu importe la technologie qui se trouve derrière. Nous faisons confiance à tous les développeurs Debian, les responsables et les contributeurs, pour continuer à maintenir les valeurs de haut niveau de qualité qui font la spécificité de notre projet depuis ses débuts.
Continuez à bien vous conduire les uns envers les autres et envers la seule planète que nous ayons.
Données et statistiques
Pour cette résolution générale, comme d'habitude, statistics sur les bulletins et les accusés de réception sont rassemblées périodiquement durant la période du scrutin.
Majorités requises
La proposition A requiert une majorité 3:1, les autres propositions ont besoin d'une majorité simple.
Secrétaire du projet Debian
